9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 19:00

Citoyens de Schweighouse et d'ailleurs,


Une fois encore, le 9 du mois, nous publions les noms de cinq personnes qui figurent parmi les participants à l'action modeste et géniale du 9 février dernier. Une action exemplaire et sans précédent, qui a rappelé à ceux qui détiennent le pouvoir que la légitimité du suffrage universel ne donne pas tous les droits et que les citoyens ne sont pas des bêtes à cornes.


André BENEDETTO.
Considéré comme le fondateur du  off du Festival d'Avignon en 1966, l'acteur, auteur, metteur en scène et directeur de théâtre, a écrit environ soixante-dix pièces, dont La Madone des ordures (1973).
Engagé, rebelle, écologiste, bilingue (français et occitan),  il fut de tous les combats, des Indiens aux sans-papiers.
Quand, en janvier 2008,  il apprit par un ami la suppression du Relais Culturel Expressions Communes, lui qui connut la baisse d'un tiers de ses subventions sous le Ministre (mal nommé)Toubon, il décida dans l'urgence d'écrire une courte pièce (en trois actes) intitulée " Dieu le fracas que fait un Relais que l'on tue!".
Des citoyens schweighousiens ont décidé de la mettre et scène et de la présenter prochainement dans la commune.
En off de la saison culturelle...

Claude LÉVI-STRAUSS.
Il se trouve que le plus célèbre des anthropologues et ethnologues français,  l' auteur de Tristes Tropiques (1955), a séjourné dans  notre commune.
En effet, dans le but d'achever sa thèse publiée en 1949 et intitulée Les structures élémentaires de la parenté, il décida à la fin de l'année 1948 de se rendre en Alsace, terre de ses ancêtres. L'étude de plusieurs familles schweighousiennes pendant six mois constituera la matrice de sa pensée structuraliste. Une lecture attentive de cet ouvrage pointu permet de reconnaître lesdites familles.
Trois de ses élèves ont d'ailleurs entrepris de venir à Schweighouse sur les pas de leur maître, à la fois en guise d'hommage, mais aussi et surtout dans  le but de poursuivre l'oeuvre. Le premier s'attaquerait  aux  structures élémentaires du pouvoir, et se rendrait essentiellement à la Mairie, le deuxième à celles de la consommation de masse, ce qui l'amènerait sans doute dans la zone commerciale, quant au troisième, il ira probablement un peu partout puisqu'il s'intéressera aux structures élémentaires de la bêtise et de l'ignorance.

René MAGRITTE.
Qui sait que dans la nuit du 12 au 13 mars 2008, un artiste schweighousien, admirateur du peintre surréaliste belge, s'est introduit dans la salle du Conseil Municipal de notre commune pour placer une banderole au-dessus de la grande peinture du mur du fond? Elle disait: "Ceci n'est pas Schweighouse".
Curieusement, ni la presse locale, ni la publication de propagande municipale ne s'en est fait l'écho.Heureusement, une photographie prise par  l'auteur de la plaisanterie apporte la preuve de sa performance.Nous attendons son autorisation pour la publier, dans le respect de l'anonymat bien sûr.
Indice pour l'identifier:  il n'a pas exposé au rendez-vous des artistes locaux...

Emmanuel BERL.
Journaliste, historien et essayiste, engagé à gauche, il aura souffert longtemps d'avoir prêté sa plume au maréchal Pétain, pour des discours de juin 1940, donc avant la mise en place du régime de Vichy.
La formule la plus célèbre reste sans doute "La terre, elle, ne ment pas".
Dans son testament, il a bien précisé qu'il souhaitait  que cette phrase-là en particulier ne soit ni citée ni récupérée par quelque homme politique que ce soit, notamment par (je cite) "tous  ces régionalistes ou autonomistes de second rang, passéistes et bornés, "imbéciles heureux qui sont nés quelque part" qui se croient autorisés à invoquer la terre et les morts, au nom d'une identité fantasmée et sublimée".
Cela a le mérite d'être clair.

Gustave FLAUBERT.
L'écrivain, connu avant tout pour Madame Bovary (1857) ou l'Education sentimentale (1869), a aussi écrit un Dictionnaire des idées reçues, publié de manière posthume en 1913.
Or, l'un de ses amis les plus proches, habitant notre chère commune, en a rédigé une version schweighousienne, que nous avons eu la chance de pouvoir consulter. Ecrite en 1892, elle vaut le détour. Quelques articles, au hasard: "France: République voisine qui prétend que l'Alsace est sienne. S'en méfier"; "Culture: Pêche, jeux de ballons et autres activités de détente"; " Cheval: Meilleur ami de l'homme, après le chien, pratique pour le labour, voire l'arrosage".
Heureusement, les choses ont bien changé depuis...


Elle a de l'allure, cette liste!
Gageons qu'elle en aura d'autant plus l'année prochaine.


Vincent FAVRE.
 

commentaires

Vincent FAVRE 10/12/2009 09:00


Cher citoyen dont le pseudonyme exact m'éhappe, mais qui vient de laisser un commentaire et qui donc se reconnaîtra sans peine,

Merci pour vos encouragements, ils sont précieux.

Cette liste des participants s'inscrit dans une démarche que j'appelle poélitique, néologisme formé de poésie et de politique.
Il s'agit de réenchanter Schweighouse, de recréer un lien direct entre le local (notre commune, lieu de vie quotidien), et l'universel.
C'est ambitieux et modeste à la fois. C'est une autre manière d'être Schweighousien, qui peut susciter la réflexion et l'action.
Une façon de se réapproprier l'histoire et le territoire de Schweighouse.
C'est aussi un plaisir.
Aimer son lieu de vie ne doit pas nous empêcher de critiquer, parfois durement, y compris soi même d'ailleurs.
Il semble que certains n'aient pas compris cette nuance.

La liste n'a pas fini de grandir. Elle pourra bientôt prendre une autre dimension, plus incarnée, plus "réelle", sur le terrain. Surprise pour l'an prochain...

A bientôt.

Vincent.


Obi-Wan Kenobi 09/12/2009 23:19


C'est impressionnant toutes ces personnalités auquel le destin de Schweighouse est lié.
Et quel excellent travail d'investigation, un vrai régal. Merci, cher Vincent Favre. 


Recherchez Sur Le Blog