9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 22:38

Citoyennes, citoyens,

 

Elle passionne, irrite, intrigue ou émeut, mais ne laisse jamais indifférent, la liste des participants. Rendez-vous poélitique, néologisme qui mélange  poésie et politique, mais aussi fiction et réalité, elle revient, fidèle, chaque neuf du mois, et contribue, modestement mais sûrement, au réenchantement de Schweighouse.

 

Pour celles et ceux qui veulent ensavoir plus, il suffit de consulter les articles suivants: Alerte orange sur Schweighouse.   La liste des participants fête son premier anniversaire.

 

 2008-02-9-Manif-Mairie-009

 

La "promo" de décembre est de bonne tenue, comme vous allez pouvoir le constater.

 

 

 

 

 

Jacques CALLOT.

C'est bien un Schweighousien, anonyme hélas,  qui a servi de modèle au dessinateur et graveur lorrain pour  le fameux Mendiant à la jambe de bois (1622). Blessé et sorti miraculeusement vivant d'une bataille de la Guerre dite (plus tard) de Trente Ans, il sait qu'il lui reste peu de temps à vivre et raconte son histoire à l'artiste. Il ponctue son témoignage par cette phrase: "Non, Monsieur, les peuples n'aiment pas la guerre!". Il lui demande d'employer son talent pour dénoncer les horreurs de la guerre. Ce qu'il fera dans Les Misères de la guerre (1632).

 

 

 

Georges CHARPAK.

À l'issue d'une conférence de haute volée donnée à la Bibliothèque Nationale et  Universitaire de Strasbourg en octobre 1995, le plus célèbre des physiciens français est très aimablement interpellé par une institutrice schweighousienne à la retraite qui, passionnée de sciences, a toujours regretté le peu de place laissée à la physique ou la chimie à l'école primaire. Elle a un projet bien précis, le soumet à son interloculeur, qui, intéressé, lui propose de poursuivre la discussion autour d'une bonne table. C'est ce soir-là, dans un bon restaurant de la capitale alsacienne, qu'est né le  programme La main à la pâte, mis en place dès l'année suivante et appliqué aujourd'hui un peu partout en France. Et à Schweighouse?

 

 

 

Madeleine REBÉRIOUX.

Avant de nous quitter en 2005, l'historienne spécialiste du mouvement social français, auteure notamment de Jaurès et la classe ouvrière (1975),préparait un travail sur le monde ouvrier en Alsace du Nord dans les années 30. Schweighouse  y figure, paraît-il, en bonne place. Il faut dire qu'elle avait eu plusieurs fois l'occasion de venir dans notre commune, qu'elle affectionnait particulièrement, en particulier à l'époque où elle était conseillère municipale à Mulhouse.L'ouvrage, inachevé, sera-t-il publié ou bien un jeune chercheur prendra-t-il le relais? Nous espérons avoir des nouvelles rapidement.

 

 

 

Albert SCHWEITZER.

Apprenant l'existence de la liste des participants par son petit-cousin, Jean-Paul Sartre, lui même membre depuis le début (voir La liste des participants. ), le célèbre médecin, théologien protestant, mais aussi musicien et philosophe, n'a pas hésité bien longtemps. Mais la liste d'attente étant très longue, ça n'est que maintenant que nous pouvons enfin signaler sa présence, et en profiter au passage pour citer cette phrase qu'il a prononcée:

"Je constate que, malgré tous les combats menés par tant de gens de bonne volonté, il reste bien du chemin à parcourir pour parvenir au respect de la dignité de l'homme, en Alsace comme ailleurs. Courage!".

 

 

 

 

Cornélius CASTORIADIS.

Philosophe, psychanalyste, économiste d'origine grecque, animateur du mouvement Socialisme ou Barbarie (1949-1967), il a entretenu une correspondance abondante, passionnante, mais inédite avec un certain Max (pseudonyme), lui aussi militant de ce mouvement et résidant à Schweighouse. Dans l'une des plus de quatre cents lettres, datée du 8 novembre 1952, il développe en quatorze pages le concept majeur d'"autonomie politique", qui est au centre de sa pensée. Toujours vivant et vigoureux malgré son grand âge, Max relit régulièrement avec plaisir cette lettre qui lui a permis de mieux comprendre et démystifier certains  de ses concitoyens, qui, se prétendant autonomistes, ne font que plaquer les schémas nationalistes à l'échelle locale ou régionale. 

 

 

 

 

 

 

N'est-il pas stimulant, encourageant et finalement rassurant de constater que de si belles personnes sont un peu Schweighousiennes à leur tour?

Le  prochain neuf du mois, la liste se sera encore une fois enrichie de cinq noms. Nous serons alors le 9 janvier 2011.

 

 

Au plaisir de vous retrouver ce jour-là.

 

 

Vincent-002-copie-1Vincent FAVRE.

Des citoyens schweighousiens
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