9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 06:36

Citoyennes, citoyens,

 

2008-02-9-Manif-Mairie-009

 

Comme chaque neuf du mois, la liste des participants s'enrichit de cinq noms supplémentaires. Cinq illustres personnes qui ont tenu à signaler leur présence lors de l'action salutaire du 9 mars 2009. Toutes entretiennent un lien étroit avec notre commune. Les voici une à une.

 

 

Jean FERRAT

L'auteur, compositeur et interprète, à la fois engagé, attachant, chaleureux et populaire, nous a quittés le 13 mars dernier. Son passage à l'émission L'invité du dimanche le 16 mars 1969 est resté célèbre pour la censure qui l'a frappé ce jour-là. On a du coup oublié un peu vite qu'il  y a chanté  pour la première fois Ma France. Dans le public  se trouve un admirateur de l'artiste, originaire de Schweighouse,  qui trouve le courage d'aller le voir dans sa loge à la fin de l'émission. Il lui dit combien il est touché par sa nouvelle chanson, à un mot près ou plutôt un nom: "Robespierre". La discussion s'engage, puis se poursuit autour d'une bonne table, sur la question de savoir si l'on peut aimer la France de la Révolution tout en respectant les libertés et identités locales, ou encore si l'on peut être à la fois jacobin et autonomiste, universaliste et attaché aux particularismes de nos régions et terroirs.  Ces échanges fructueux et passionnés ont inspiré directement La Commune (1971), qui marque le centenaire de cette Révolution égalitaire et libertaire en même temps. L'allusion aux "ferroniers aux enseignes fragiles" est un hommage discret à notre Schweighousien qui exerçait ce métier et qui s'est juré un jour de voir proclamer la Commune de Schweighouse.

 

 

Jean-Pierre MELVILLE

Né Grumbach, dans une famille juive alsacienne, le réalisateur a rejoint la France Libre à Londres dès 1942. Parmi les résistants qu'il rencontre, un certain Fernand se distingue, qui arrive tout droit de Schweighouse. Une  complicité très forte s'instaure entre les deux hommes,  véritables frères d'armes. Avant de succomber à ses blessures  lors de la bataille du Mont Cassin, Fernand fait jurer à son ami que s'il réalise son rêve de devenir cinéaste, il consacrera un film à sa mémoire. Promesse tenue: le personnage du Samouraï (1967), c'est lui.

 

 

 

Germaine de STAËL

Si la romancière et essayiste d'origine suisse a réussi à traverser la Révolution Française, ce ne fut pas sans mal. Favorable à une monarchie constitutionnelle, elle fuit la Terreur en 1793. Déçue par Napoléon dès 1799, elle s'engage dans une opposition à son régime et à sa personne qui lui valent d'être éloignée de Paris. Elle saisit alors cette occasion pour entreprendre à la fin de l'année 1803 un voyage outre-Rhin. Schweighouse est sur sa route: elle y fait halte quelques heures. Près de l'église, un couple de bourgeois la reconnaît. Ils l'abordent, la questionnent sur ses projets. Eux ont fait le tour de l'Europe. C'est pourquoi ils l'encouragent vivement à écrire un livre qui proposerait aux Français un autre regard sur l'étranger, une  vision européenne. Ce qu'elle fit avec De l'Allemagne, dont la première parution en 1810 fut interdite par l'empereur, mais qui reparaîtra et connaîtra un vif succès tout au long du siècle.

 

 

 

 Groucho MARX

Après une carrière cinématographique bien remplie, le plus célèbre des Marx Brothers a animé à partir de 1950 une émission télévisée intitulée You bet your life. Rebaptisée Groucho Show en 1960, elle connut un immense succès. Parmi les moments mémorables, on retiendra celui du 7 juin 1963. Ce jour-là, l'acteur-présentateur doit prononcer des mots ou des phrases sur quinze tons différents. Quand le réalisateur de l'émission, Alsacien d'origine, propose "Schweighouse-sur-Moder, Schweighouse-sur-Moder, deux minutes d'arrêt", le comique aux grosses moustaches et cigare démesuré s'en donne à coeur joie, passant du timide au râleur, du pressé à l'étourdi, de l'indifférent au vantard. Il déclencha tout simplement le rire le plus long jamais enregistré aux Etats-Unis (19 minutes!).

  

Jacques, dit GRAND ROUGE

Quoique n'étant ni vraiment poète, écrivain, chanteur, cinéaste, sportif de haut niveau, homme politique ou photographe, le doyen de l'aquarium de la Mairie de Schweighouse, échappé depuis le 1er avril, a tenu à rappeler que lui aussi était présent à l'action du 9 mars 2009.

Recherché activement par l'équipe en place, qui a mobilisé la police municipale et  les membres du personnel technique, il s'est réfugié dans un lieu tenu secret que nous avons découvert . II a  accepté de s'exprimer. Pour dire combien les propos tenus par le Maire en cette occasion l'ont choqué, notamment lorsqu'il a affirmé que la pêche était aussi de la culture. On comprendra aisément pourquoi il en a gardé un très fort ressentiment, qui le pousse à vouloir désormais sortir du silence et prendre part au débat public dans notre commune, qui est aussi la sienne.  

  

 

 

 

Oui, vraiment, avec des citoyens d'honneur de cette trempe qui réenchantent Schweighouse, l'espoir est permis!

 

Rendez-vous le 9 mai pour la suite de la liste.

 

 

Vincent FAVRE.

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