25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 17:30

Au revoir Schweighouse. 

 

 

Après un séjour helvétique rafraîchissant et dépaysant autant qu'instructif, François   reprend comme prévu le chemin de Schweighouse en ce mercredi 25 août. Avec une émotion toute particulière puisqu'il s'agit de sa dernière étape.

 

 

 

 

Chapitre 1 Remporter avec soi un petit peu de Schweighouse.

   

 

Il tient d'abord à remporter chez lui un peu du territoire de cette commune.

 

Adepte depuis longtemps d'une approche barrésienne (au sens littéraire uniquement),  il croit en effet volontiers que la terre et les morts nous parlent, sans aller  jusqu'à dire que "la terre ne ment pas", formule de sinistre mémoire.

Il décide de remplir un premier flacon d'un peu de terre schweighousienne. Pour cela, il s'enfonce dans la forêt, qu'il avait eu l'occasion de parcourir lors d'un précédent mercredi. C'est avec le même plaisir qu'il en sillonne les chemins. Parvenu à un endroit qui lui paraît favorable, il s'agenouille, se saisit du petit flacon et le remplit de cette terre sablonneuse qui domine ici.

 

 

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Il n'y a pas de mauvaise terre, il faut savoir lui parler et la faire parler. Chaque fois qu'il se livre à ce rituel, il ne peut s'empêcher de penser à son père qui aura travaillé la terre toute sa vie, un poète aux mains sales comme il aime à le dire.

 

Ensuite, il rejoint la Moder. François n'a pas une grande distance à parcourir pour trouver un accès à la rive, se pencher et remplir son deuxième flacon d'un peu d'eau de la rivière. Elle doit être bien polluée, mais qu'importe.

 

De retour dans le village, il se rend au Bocksberg, point culminant de la commune, admire une dernière fois la vue sur la fameuse ligne bleue des Vosges . Il ouvre alors son troisième flacon et recueille un peu d'air de Schweighouse. Là aussi, il se dit qu'il doit être largement vicié par les pollutions diverses (circulation des véhicules à moteur, industries). "Il est des lieux où souffle l'esprit", pour reprendre une formule de Barrès (encore lui).

 

Reste l'élément le plus difficile à saisir: le feu. François rejoint le parc de la Villa, plus précisément l'endroit qu'il avait choisi pour passer sa première nuit à Schweighouse. Il  y ramasse des brindilles qu'il introduit dans son quatrième et dernier flacon. Elles lui permettront d'alimenter un feu éphémère lorsqu'il sera de retour chez lui. Il ne restera alors que des cendres, mais, comme le dit la chanson, "le plus beau feu n'est-il pas celui qui vous brûle en dedans?".

 

 

 

À son tour maintenant de laisser quelque chose de lui à Schweighouse.

 

 

 

 

Chapitre 2 Laisser une trace à Schweighouse. 

 

Amateur depuis sa plus tendre enfance de jeux de pistes, énigmes  et autres chasses aux trésors, François a décidé de cacher dans la commune un message à déchiffrer qui lui même permettra de découvrir un autre message, qui lui aussi mettra sur la piste d'un autre, et ainsi de suite jusqu'au trésor final.

 

Il prend la direction de l'endroit qu'il a choisi comme point de départ de ce jeu de piste géant, s'assure que personne ne le voit et cache délicatement le premier mesage. Il ne lui faut pas moins de trois heures pour cacher tous les messages et le trésor.

 

Pour que le jeu puisse commencer, il se doit de donner le premier indice, permettant de découvir le premier message. Le voici:

L'homme de fer n'est pas à Strasbourg...

 

François espère que les Schweighousiens, petits et grands,  se prendront au jeu et partiront à la recherche du trésor, qui en vaut la peine. Il se tiendra informé grâce aux personnes rencontrées dans la commune  avec qui il  restera en contact. 

 

 

 

Chapitre 3 Une certaine idée de Schweighouse.

 

Alors qu'il se dirige vers la gare pour prendre son train, François se dit qu'il se sent désormais un peu Schweighousien.

Car au fond, qu'est-ce qu'être Schweighousien?

Est-ce le droit du sol qui détermine l'identité schweighousienne? Alors bien peu aujourd'hui pourraient y prétendre, sachant que les naissances à domicile se font rares...Même parmi les anciens, ils ne doivent pas être tellement nombreux ceux qui sont nés dans la commune.

Le droit du sang alors? Ce serait exclure celles et ceux qui viennent d'ailleurs et qui vivent pourtant dans la commune depuis des années. Non, l'hérédité ne suffit pas, elle n'est pas une condition non plus.

Faut-il être Alsacien pour être pleinenement Schweighousien? Sûrement pas!

L'essentiel n'est-il pas de se sentir Schweighousien, d'éprouver pour la commune de l'affection, d'avoir envie d'y vivre et d'y agir? Est Schweighousien qui veut bien l'être. C'est la volonté qui compte ici, mais aussi le destin commun, l'histoire partagée,  le "plébiscite de tous les jours" formulé par Renan. 

 

C'est pourquoi ceux qui se déclarent "fiers d'être Schweighousiens" n'ont rien compris. Car cela suppose que l'on pourrait en avoir honte. On n'a pas à être fiers ou honteux, on l'est c'est tout! Assez de ces "imbéciles heureux qui sont nés quelque part" brocardés par Brassens et qui pensent que "le crottin fait par leurs chevaux, même en bois, rend jaloux tout le monde"!

 

 

 

 

Schweighousien de hasard, François sait qu'il reviendra, ne serait-ce que pour revoir des personnes qui lui sont chères désormais, mais aussi pour s'assurer que des citoyens de la commune ont su faire évoluer les choses dans le bon sens. Car Schweighouse mérite mieux que d'être reléguée au rang de vulgaire couloir de circulation!

 

 

Le voilà à hauteur de la gare. Déjà  le train approche. Avant de gagner le quai, François se retourne, salue et lance:

"Allons, enfants de Schweighouse!".

 

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 Vincent FAVRE.

Des citoyens schweighousiens
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