11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 10:35

Bienvenue à Schweighouse-sur-Mer!

 

 

 

Tordant le coup à des préjugés qui ont la vie dure, François ressort enchanté de ses aventures mosellanes. " Vive le 5-7!" ou encore "Moselle en force" sont devenus ses nouveaux slogans.

 

Pour autant, le retour en Alsace, et plus précisément à Schweighouse-sur-Moder, reste un plaisir chaque fois renouvelé.

 

D'autant plus que ce mercredi 11 août sera consacré à la détente, avec un petit programme (improvisé) d'activités sportives et de loisirs.

Schweighouse-sur-Mer, quoi! 

 

  

 

 

 

Chapitre 1 Par les petits chemins cyclables, on a souvent vécu l'enfer.

   

Cette fois, c'est à vélo que François souhaite se déplacer dans sa commune d'expérimentation touristique. Il  a dû en louer un à Haguenau puisque ce service  n'existe malheureusement pas à Schweighouse-sur-Moder. Une lacune à combler, se dit-il en passant.

 

En gare de Haguenau, il suit le balisage jaune au petit lapin qui le mène le long de la Moder. Il passe derrière un parc sportif, puis débouche sur une barrière métallique qui l'oblige à descendre de vélo (pas pratique pour un sou, et plutôt dangereux pour les enfants). Il traverse la petite route et emprunte un chemin cyclable qui semble récent. Est-il encore à Haguenau ou déjà à Schweighouse?

 

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En tout cas, une partie de  la rive est effondrée. Est-ce une conséquence de l'aménagement du chemin cyclable qui l'aura fragilisée et imperméabilisée, favorisant le ruissellement?

 

Plus loin, ça va mieux. Enfin, pas bien longtemps, puisqu'il croise des imbéciles en deux-roues, sans casque, qui n'ont tout simplement pas le droit de circuler ici. On dirait les mêmes que dans sa commune: ils sont clonés ou quoi? Il leur fait remarquer.

"T'es de la police?" est leur seule réponse. Il leur demanderait bien comment ils écrivent police, car s'il lon met un "s" à la fin au lieu de "ce", on obtient polis. El là, la réponse est différente. Car il se sent concerné désormais par ce qui se passe à Schweighouse. Evidemment, ils ont pris le large depuis longtemps et n'auraient pas compris. Une main courante à la police municipale sera-t-elle utile?

 

Il arrive à hauteur d'une ferme. "Est-ce la dernière de la commune?". Retrouve la Villa, la Rue Eisenbruch et  dit au revoir au petit lapin.

A partir de là, il va enfin pouvoir parcourir cette fameuse forêt de Schweighouse!

 

 

 

 

Chapitre 2 La forêt au petit bonheur. 

 

 

Au premier regard, il lui avait trouvé de faux airs landais, avec tous ces pins. Et aussi avec ce terrain très sableux qu'il découvre en sillonnant les chemins forestiers.

 

Allant au hasard, il apprécie la fraîcheur des sous-bois.

 

 DSCN1799

 

Il remarque aussi combien la forêt a souffert de la tempête de 1999. Amateur de chasse, il note des signes implicites de présence de gibier: traces de chevreuil et de sangliers, souilles, coulées. Mais aussi des miradors en lisière de forêt.

La chance lui sourit: un jeune brocard traverse une allée. Il s'immobilise, dévisage François avant de s'enfoncer dans les bois. Plus loin, il surprend un faisan. Pas de sanglier malheureusement, mais il faut se lever tôt ou se coucher tard pour mériter d'en voir un!

 

Un parcours de santé encore à peu près utilisable occupe une partie de la forêt. François croise d'ailleurs bon nombre de promeneurs, avec ou sans chien, joggeurs, vététistes...Une forêt très fréquentée et aménagée donc, terrain de découverte et de loisirs pour les citadins.

Une forêt dans laquelle on peut difficilement se perdre: la route n'est jamais bien loin.  Il se demande dans quelle mesure cette forêt appartient à la commune. Les propriétaires privés sont-ils nombreux? 

 

 

 

 

À force de parcourir en tous sens les chemins, il finit par retrouver le village. Il remonte la Rue d'Ohlungen pour trouver un passage dans l'autre partie du massif forestier. À la sortie de l'agglomération, il emprunte un chemin sur sa droite qui le fait doucement descendre vers la commune voisine. Il passe le long d'un stade de foot et arrive à hauteur d'une maison forestière située dans une clairière charmante où l'activité est intense. Manifestement, une fête se prépare. Et même une grosse fête: plusieurs scènes se mettent en place.

Renseignements pris, il s'agit d'un festival: Summerlied (chant d'été en alsacien). Il avait entendu le nom dès son deuxième passage à Schweighouse, puis plus rien. L'ouverture est pour le lendemain. François se voit remettre un programme complet. La fête dure du 12 au  15 août. Pas de doute: il prendra dès demain un pass 4 jours pour 55 euros. Il a hâte d'y être!

 

En attendant, il poursuit son périple dans la forêt, avec la même tactique: au petit bonheur!

Ce qui lui permet, après être retourné encore une fois dans le village, de déboucher sans trop savoir comment...dans la zone commerciale!

Il décide de la silloner également, même s'il sait qu'ici comme ailleurs, les véhicules à moteur sont rois et que les vélos et piétons n'ont qu'à bien se tenir. C'est le parcours du combattant, mais il s'accroche. Une expérience intéressante qui le conduit à constater une fois de plus le caractère impersonnel de ces zones. Prenez une personne, badez-lui les yeux, emmenez-là dans n'importe quelle zone commerciale de n'importe quelle ville de France, elle ne saura pas dire où elle est. Elles se ressemblent toutes. Triste uniformisation du paysage. Il lui revient  en mémoire un article récent dénonçant la "France moche", celle des entrées de ville défigurées par les enseignes publicitaires et magasins tous plus hideux les uns que les autres. En même temps, pour une commune comme Scwheighouse, c'est une source de revenus (taxe profesionnelle...pour l'instant) et une commodité certaine (services nombreux et proches pour les habitants).

Mais ne faudrait-il pas réfléchir à l'aménagement de tels espaces? Un partage plus équitable entre les modes de transport par exemple.

Cela dit, quelques pistes cyclables y passent, dont une que François avait suivie à pieds le premier jour et qu'il avait trouvée en piteux état.

Il tombe par hasard sur la discothèque l'Amoxis, qui se présente comme "bar artistique et culturel". Il fallait oser. Elle fait restaurant. Mais François préfère rejoindre le centre.

 

Près de la Mairie, il tente un établissement encore inconnu de lui. Il prend le menu du jour.

 

  

 

 

Chapitre 3 C'est où la plage? Sous les pavés, pardi!

 

Après un repas copieux, il s'accorde une petite sieste dans un parc tranquille et sympathique (les Peupliers).

 

Une fois reposé, une idée lui trotte dans la tête : se baigner à Schweighouse.

 

 

Existe-t-il une piscine?

Direction le Centre Culturel et Sportif ou centre Kaeufling. Le bâtiment est récent et plutôt intéressant de l'extérieur.

 

 Centre Kaeufling

 

 

Il entre. L'intérieur est pas mal non plus, spacieux, lumineux et sans doute fonctionnel. Mais personne au rez-de-chaussée. Il monte. Idem. Il redescend, croise une jeune fille qui travaille comme saisonnière à l'entretien du bâtiment.

Elle lui explique qu'il n'y a pas de piscine municipale. "Et au collège, peut-être?"( Il sait que certaines communes ouvrent au public les piscines des établissements scolaires pendant la période estivale). Non plus.

Il faut encore une fois aller à Haguenau, où il trouvera plusieurs piscines. "Aller à  Haguenau" Combien de fois aura-t-il entendu cette phrase durant son séjour ici? Précisement, il ne veut pas "aller à Haguenau", mais bien rester à Schweighouse-sur-Moder!

La jeune fille, très aimable, lui dit que de plus en plus de Schweighousiens possèdent une piscine privée. Dans sa commune bretonne, c'est le même phénomène: l'inflation des piscines. Est-ce bien raisonnable?

Il demande s'il y a des plans d'eau. Il y en a, mais pour la pêche, pas la baignade. Il souhaite quand même les voir. Justement, lui dit la jeune fille, ils sont tou près d'ici.

Très bien, il s'y rend.

Proches l'un de l'aure, les deux étangs situés en bordure de la Moder sont effectivement réservés à la pêche. Le deuxième est même bordé par la salle de l'association de pêcheurs. Ils sont assez nombreux ce jour-là à taquiner le poisson. Il se voit mal risquer un petit plongeon...

Et la Moder? II la longe un peu, mais s'aperçoit bien vite que c'est peine perdue: des pêcheurs, une eau qui n'inspire pas spécialement confiance, pas d'endroit vraiment accessible.

 

Il s'arrête  pour consulter le plan quand un monsieur qui promène son chien engage la conversation.

En riant, le monsieur lui dit: "Vous devriez essayer le lac Léman, c'est le mieux" 

- Le lac Léman, mais c'est en Suisse!

- Les Suisses nous ont copié: le vrai lac Léman, c'est à Schweighouse.

Et de lui indiquer la route: rond-point Sonoco, deuxième sortie vers Haguenau, piste cyclable,passage devant l'usine d'incinération etc...

 

Peu convaincu, mais curieux tout de même, il suit les instructions.

Il y a bien un plan d'eau, il est grand...mais c'est à nouveau un endroit réservé aux pêcheurs, très nombreux d'ailleurs.

" C'est bien le lac Léman?"

Le pêcheur à qui François s'adresse ne comprend pas. Il tente un deuxième, même résultat. Le troisième, plus coopératif, réfléchit quelques secondes:

"Oui, enfin, c'est un étang, pas un lac. Et le nom, c'est pas Léman, sauf si vous prononcez à la française, mais bon, sinon c'est Lehmann, du nom de l'entreprise située juste  à côté".

François comprend mieux et rit du bon tour que le promeneur lui a joué: du lac Léman à l'étang Lehmann. Une petite blague (avec un  petit jeu de mots sur la prononciation) qui lui a bien plu, même si elle s'est faite à ses dépens.

Pas de regret: il apprend que l'étang est sur la commune de Haguenau...

 

Il ne trouve finalement qu'un endroit pour satisfaire son envie irrésistible de baignade à Schweighouse: le petit bassin bordé de pavés avec jet d'eau du parc de la Villa. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a...En espérant que la police municipale ne passera pas.

 

Maintenant que ses pieds et ses mollets sont rafraîchis, il s'accorderait bien pour finir la journée une petite séance sportive avec des Schweighousiens.

 

 

 

Dans le parc de la Villa, il y a bien deux terrains de pétanque, mais personne n'y joue. Et pour cause: ils sont en bien mauvais état. Des inondations?

De jeunes parents qui occupent  leurs enfants dans l'aire de jeux lui signalent l'existence de deux espaces ludiques et sportifs. Le premier, derrière le Centre Kaeufling et à côté du club de tennis, est un terrain de beach soccer. Déserté lui aussi, sauf par les déjections canines... Mais que fait la police municipale?

Le second, en lisière de la forêt, route de Wintershouse, lui semble plus convivial. Le revêtement mériterait un sérieux coup de jeune, mais pour le reste c'est sympathique.

Plusieurs personnes (une douzaine), de tout âge, ont entamé une partie de football. Il demande s'il peut les rejoindre. Sans problème.

Et voilà comment il aura passé une fois de plus un agréable moment improvisé à Schweighouse-sur-Moder.

 

 

 

Et maintenant, il retourne à Ohlungen sur le site du festival Summerlied dans l'espoir de planter sa tente et de s'immerger complètement dans l'ambiance.

 

Mercredi prochain, le 18 août, il reviendra bien évidemment à Schweighouse-sur-Moder. Peut-être le Summerlied lui inspirera-t-il des réflexions utiles à sa démarche expérimentale.

 

 

 

Vincent FAVRE. 

 

  

 

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