1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 09:16

Devant la Maison Martin, une camionnette de la commune attend Michel et Geneviève. Tout comme le car de l'étape précédente, le véhicule arbore le logo du Schmitto-Tour. Mais avant de l'utiliser, Michel prend la parole:

- Pour commencer la deuxième partie du circuit vert, consacrée aux projets de Marcel Schmitt et de son équipe, il convient de revenir à cet endroit. Vous vous souvenez, Geneviève, que nous sommes déjà venus ici.

- Et comment, vous vous êtes même jeté à terre au moment où...

- Très bien, merci Geneviève, merci.

Il reprend ses explications:

-En effet, s'il est un engagement considéré comme une priorité par la municipalité, c'est bien celui-là: je veux parler du périscolaire!

Il ouvre la porte de la camionnette et en sort une maquette qu'il pose sur le sol.

- S'il est si prioritaire que cela, je suppose qu'il doit figurer en bonne place dans la profession de foi de Schweighouse Autrement, n'est-ce pas? demande Geneviève.

- Cela va sans dire, oui, en bonne place et même en très bonne place!

- Et à quelle place exactement, Michel?

- Je l'ai dit: en très bonne place.

- Allons, Michel, vous le savez aussi bien que moi: ce projet ne figure pas dans la profession de foi. Pour la simple et bonne raison qu' il n'y a même pas de rubrique consacrée aux écoles: une absence qui en dit long sur le peu d'intérêt que porte votre Marcel à la question scolaire. En vérité, c'est une honte!

 Geneviève brandit sa canne et se met à scander: "Mensonge, Mépris, Manipulation, non, non , non ! Oui à la vérité, oui à la dignité!"

- Mais arrêtez, Geneviève, calmez-vous!

La vieille dame poursuit de plus belle. Ses cris commencent à attirer l'attention des voisins. Une voisine tire ses rideaux pour voir ce qui peut bien se passer à une heure pareille dans un chemin d'ordinaire si calme. Michel implore la vieille dame d'arrêter.

 

    DSCN5882.JPG

         

Devant son refus, il abdique:

- Bon, ça va, Geneviève, vous avez gagné: le périscolaire ne figure pas dans la profession de foi de Schweighouse Autrement, voilà!

Geneviève s'arrête et dit à Michel:

- Et elle figure dans quelle profession de foi?

- Je n'en sais rien, moi!

- Si, vous le savez très bien, dîtes-le!

- Je ne dirai rien de la sorte!

- Mensonges, Mépris, Manipulation, non, non, non! Oui à...

- C'est bon: elle figure dans la profession de foi de l'équipe Loesch.

- Voilà, vous progressez Michel! Voyons voir jusqu'où vous êtes capable d'aller!

Il faut croire que Michel avait bien progressé puisqu'en quelques minutes, grâce, c'est vrai, aux efforts non négligeables déployés par son unique visiteuse, il a réussi à reconnaître:

1.  que le projet de périscolaire avait été sans cesse repoussé (prévu pour 2010, il est désormais annoncé pour 2013)

2. que son coût a connu une envolée spectaculaire (acquisition + démolition de la maison+ estimation des travaux), atteignant plus de 2 millions d'euros pour l'instant (il a eu plus de mal à dire "pour l'instant")

3. que la présence de la ligne à haute tension et de l'antenne-relais est facteur de risques pour les enfants.

Certes, il n'est pas parvenu à admettre que la proximité de l'école privée ABCM a pesé dans le choix du lieu d'implantation du périscolaire, mais enfin ça n'est pas si mal. D'autant plus qu'il a rajouté de sa propre initiative que l'opposition n'avait pas été consultée.

 

Geneviève considère donc que l'on peut passer à l'étape suivante.

- En voiture! lance-t-elle.

- Oui, bon, c'est encore moi le guide: En voiture! lance-t-il à son tour.

Mais Geneviève est déjà installée côté passager.

- En fait, les visiteurs prennent place à l'extérieur, dans la remorque, explique Michel.

- Ah bon!

- Oui, un haut-parleur est installé sur la cabine.

Geneviève prend donc place à l'arrière.

Michel démarre. Il commence une manoeuvre pour s'extraire du chemin. Derrière, Geneviève fait de grands gestes, elle tambourine à la vitre.

- Stop! Stop! Mais cessez donc de reculer!

Michel finit par s'arrêter.

- La maquette! Vous avez écrasé la maquette du périscolaire!

- Oh non!...Bon, tant pis. Elle vaut toujours moins cher que l'original.

- Certes, mais elle au moins, elle était construite!

Cette fois, le Schmitto-Tour est reparti. Michel  annonce la prochaine étape au micro: lieux-dits "Nasser Wald " et Haslen".

Il salue les passants. Geneviève se dit qu'il se prend pour le Roi d'la Moder. Et, de fait, il précise que c'est très important selon lui de saluer les habitants et  qu'en 2008, Marcel Schmitt l'a fait pour remercier les électeurs après sa victoire. Geneviève a du mal à croire qu'il se soit ridiculisé à ce point...

Rue de la Fluess, Michel  ralentit l'allure et allume les feux de détresse. Il reprend la parole:

 - Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bientôt, grâce à Marcel Schmitt et à son équipe,  dans ces prés et ces champs qui bordent vos maisons, une superbe urbanisation!

 Pre-et-champ.JPG

 

 

- Mais pour qu'elle pousse,  il faut d'abord qu'il ait plu!

Son rire retentit dans tout le quartier. Il klaxonne. 

- Geneviève, notez le jeu de mots: il faut attendre qu'il ait plu!

- Pas compris!

- Qu'il ait plu: P.L.U. Le PLU. Il faut attendre le Plan Local d'Urbanisme! Ah, ah, ah!

Il tourne à gauche et rejoint la Rue des Fougères, toujours avec ses feux de détresse et ses coups de klaxon.

- Ah, oui: drôle, dit Geneviève. Mais dîtes donc, c'est la sécheresse depuis 2008 ou quoi? Non, parce que ça fait un moment qu'on l'attend ce fameux PLU.

Michel reprend le micro:

- Grâce à un prêt...

- Encore!

- Contracté auprès du Crédit Mutuel...

- Encore!

- D'un montant de 1.1 millions d'euros...

- Ah quand même!

- La commune sera bientôt propriétaire de l'ensemble des parcelles!

- Vous m'en direz tant!

- Réjouissez-vous, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs.

Michel lance des bonbons et des confetti.

- Profitez-en: c'est le Schmitto-Tour!

Geneviève a trop honte: elle se baisse pour ne pas être vue.

 Michel se décide enfin à rejoindre l'étape suivante: le tennis club. Juste avant d'arriver, Michel reprend son petit manège: feux de détresse et klaxon. Il est 16 heures 30. Devant le bâtiment, un goûter est offert par la commune: pains au chocolat, boissons chaudes ou fraîches. Geneviève prend une fraise à l'eau et Michel deux bières. 

Puis la visite reprend. Michel explique que l'équipe Schmitt, à la fois visionnaire et passionnée de pratique sportive, souhaite construire un véritable pôle tennistique à Schweighouse. Pour présenter aux visiteurs (enfin à la visiteuse) du Schmitto-Tour le  bien-fondé et la pertinence de ce projet, deux membres du club de tennis ont courageusement accepté de témoigner. Joëlle et Nicole attendent à l'intérieur,  sur un banc placé au bord d'un court. Elles forment un couple dépareillé: Nicole, rousse et fine, au teint blanc et Joëlle, large d'épaules, teint mat. Leurs visages semblent familiers à Geneviève. En tout cas, leur tenue (jupette blanche, chaussures impeccables) et leur équipement de marque laissent deviner un bon niveau de jeu. Elles ont prévu une saynète. Premier acte: les deux joueuses se plaignent des mauvaises conditions de jeu. L'une d'elle glisse sur une flaque d'eau, causée par des infiltrations. L'autre se lamente de voir les meilleurs joueurs quitter le club pour Haguenau. Geneviève se demande si elles font semblant de jouer aussi mal (au tennis...et la comédie). Acte 2: Les deux copines, manifestement inséparables, se retrouvent chez l'une d'elles et découvrent dans le journal régional contôlé par le Crédit Mutuel un article qui évoque le projet de la municipalité concernant le tennis: trois millions d'euros pour faire de  Schweighouse un pôle tennistique majeur. Acte 3: le projet est réalisé. Joëlle et Nicole s'épanouissent enfin. Plus de flaque d'eau, des joueurs à gogo, et des bons. Elles peuvent même pratiquer le squash. Dommage qu'elles jouent toujours aussi mal, pense Geneviève qui pique du nez devant tant de niaiserie. 

- Bravo, bravo! lance Michel qui se lève pour les prendre dans ses bras.

Geneviève sursaute. Pris dans son élan, Michel  enlace un peu fort les jeunes femmes: elles perdent leur perruque!

- Je vous reconnais, dit Geneviève: Nicole Halter et Joël Acker! (respectivment adjoints à la Culture et à l'État-Civil et aux Sports, Loisirs et Associations).

Elles (enfin ils) s'enfuient à toutes jambes, sans glisser, et disparaissent. Confus, Michel s'enfuit à son tour. Geneviève le suit. Il se dirige vers la Moder. Il ne s'arrête pas. Il disparaît. On entend un "plouf". Il a sauté dans l'eau. Il revient, trempé jusqu'aux os mais visiblement en pleine forme, comme si de rien n'était.

Retour dans la camionnette. Geneviève n'en revient toujours pas. Dire qu'elle n'a pas eu la présence d'esprit d'immortaliser ce moment d'anthologie! Personne ne la croira...A t-elle rêvé? 

Michel se gare derrière la Maison Communale, au fronton de laquelle le compteur clignote toujours. Geneviève n'a pas le temps de demander à son guide si ledit compteur fonctionne sans interruption, y compris en nocturne car Michel a déjà repris la parole:

- L'ancienne salle de cinéma sera restaurée, en partenariat avec la Fondation de Furst.

 

Ancien-cinema.JPG

 

- En êtes-vous si sûr?, demande Geneviève.

- Marcel le dit, Marcel le fait.

- Oui, enfin, il fait surtout ce qu'il na pas dit. En l'occurence, il a changé d'avis: la salle en question serait détruite car la restauration est jugée trop coûteuse. Il faudra réviser vos fiches, mon petit Michel. Et puis baissez un peu le volume de ce haut-parleur, j'en ai plein les oreilles, moi!

 

Michel est refroidi. D'ailleurs il éternue plusieurs fois. Après vérification, il s'avère que Geneviève a raison: il s'est trompé de fiche. C'est dans le parcours suivant qu'il auraît dû parler de cette  salle: le jaune, consacré aux suppressions et destructions dont l'équipe Schmitt est (plus ou moins) fière.  Il se demande comment Geneviève peut être aussi bien renseignée. Pour la première fois, Michel a un doute: et si Marcel n'était pas tout à fait celui qu'il imagine?

 

- Alors, Michel, on reprend le Schmitto-Tour?, demande Geneviève

Mais le guide n'est plus si motivé. Il tenterait bien d'entrer dans la Mairie pour aller  trouver Marcel Schmitt et lui demander des explications quant à son absence. Geneviève l'en dissuade:il plomberait l'ambiance.

- Mieux vaut le Schmitto-Tour sans son Schmitt! dit-t-elle. Et ils rient tous les deux de bon coeur.

Cette expression lui rappelle tout à coup sa grande crainte: croiser celui-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le nom! Il sourit: aujourd'hui, il n'a pas connu de crise. Serait-il sur la voie de la guérison?

Il se décide à démarrer. Avant de rejoindre le point de départ du parcours jaune, il se rappelle qu'une lacune reste à combler: la Police Municipale. Première sonnerie, deuxième, troisième. Il regarde les horaires: fermeture des bureaux à 17h...Il est 17h45. Cette fois, il ne s'énerve pas.

Feux de détresse, klaxons. Au micro, il crie:

- Souriez, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,  c'est le Schmitto-Tour sans son Schmitt et vous êtes en sécurité!

- Plus fort, le volume, Michel, plus fort, je n'entends rien! hurle Geneviève.

      

    

 

Retrouvez Michel et Geneviève mercredi prochain, 8 août, dans l'épisode 5 du Schmitto-Tour.

 

Vincent-002-copie-1Vincent FAVRE.

 

Anne-004Avec l'aide artistico-technique de Anne HAENEL. 

 

Des citoyens schweighousiens
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