7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 20:00

Citoyennes, citoyens,


Comme prévu, le deuxième Conseil Populaire s'est tenu vendredi  25 septembre à 19h30, sous l'arbre à palabres, le chêne situé à côté du foyer avicole.

Avant d'en faire le  compte rendu, nous voudrions insister sur le fait que nous ne cachons pas notre déception devant le peu d'affluence: une quinzaine de personnes.
C'est vrai que nous nous attendions à recevoir plus de monde que lors de la première édition, du fait d'abord d'une météo plutôt favorable, ensuite de la fréquentation croissante du blog, enfin des encouragements et autres engagements à venir émanant de plusieurs citoyens.

Mais, au cas où l'on ne l'aurait pas remarqué, nous ne sommes pas Marcel Schmitt et son équipe.
Et donc premièrement, nous ne pratiquons pas l'exercice hypocrite dans lequel ils excellent et qui consiste à faire croire que l'assistance était nombreuse et que c'était un succès et que vous auriez dû voir ça et vraiment "Merci d'être venus si nombreux". Le dernier exemple en date étant la soirée de présentation de la saison culturelle, le 18 septembre, mais nous y reviendrons largement dans des articles ultérieurs.
Deuxièmement, nous ne lançons pas des invitations avec places réservées à la clé. Au Conseil Populaire, pas de favoritisme: tout le monde est logé à la même enseigne, c'est l'égalité entre citoyens.
Troisièmement, nous ne pratiquons pas le copinage ni le clientélisme: Vient qui veut au Conseil Populaire, quelles que soient ses préférences.
Quatrièmement, nous n'avons pas les moyens dont dispose la municipalité.
Par exemple, nous n'avons pas de salle, le Maire n'ayant même pas daigné répondre à notre courrier.Cela peut contribuer à dissuader certains citoyens.

Mais d'autres facteurs entrent en jeu, que nous saurons analyser et prendre en compte.
Nous espérons que les citoyens sauront répondre présents la prochaine fois. Pour cela, nous sommes déjà en train de réfléchir à la nouvelle formule du Conseil Populaire.
Mais nous tenons à dire que la démocratie  ne peut se faire uniquement dans les isoloirs ou devant les écrans: Elle a besoin de rencontres et d'échanges réels pour s'épanouir.
Les raisons invoquées qui nous arrivent aux oreilles ne nous étonnent pas mais ne ne convainquent pas non plus. Les citoyens n'auraient pas le temps, pire, ils auraient peur, ne voudraient pas être vus au Conseil Populaire!
Nous tenons donc d'autant plus à remercier les citoyens présents qui ont fait l'effort de se déplacer et ont su apporter des éclairages instructifs aux thèmes abordés.
En effet,  le peu de personnes présentes n'a pas empêché  la qualité des échanges.
En voici le compte rendu, selon l'ordre du jour annoncé.




1 Les fêtes à Schweighouse: Une autre fête est-elle possible?


L'équipe du blog a d'abord fait une présentation en guise d'entrée en matière.

Elle a  rappelé la profusion festive à Schweighouse.
Des fêtes pariossiales aux fêtes associatives en passant par celles des écoles, ou la Fête de la Musique (le 20 juin à Schweighouse), mais aussi surtout celles organisées ou coordonnées par l'OMSALS (Office Municipal des Sports Arts et Loisirs), à savoir le Marché de Pâques, la Fête Nationale (13 juillet dans notre commune), le Summerlied tous les deux ans, le Messti ou Fête de la Bière, la Fête des Rues et le Marché de Noël. Au passage, le statut de l'OMSALS pose problème: son comité de 11 personnes compte pas moins de 4 élus de la majorité dont 3 adjoints, dont le président. Sont-ils membres de droit?
On compte même de nouvelles fêtes, comme celle du Pain (17 mai dernier), mais qui n'est peut-être pas amenée à s'installer dans la commune. Sans compter les occasions plus ou moins privées de "faire la fête", notamment à l'Amoxis qui se prétend un lieu "culturel et artistique"...
Toutes ces fêtes supposent un travail important de la part des bénévoles, paroissiens, membres d'associations, élus ou agents de la commune. 
Pourtant, aucune ne semble incarner vraiment Schweighouse, aucune n'emporte l'unanimité. Aucune ne permet aux Schweighousiens de s'identifier pleinement.

Trop souvent encombrées ou monopolisées par l'incontournable, interminable et inévitable "restauration sur place",  ces fêtes laissent trop souvent la désagréable impression que le principal souci des organisateurs est de rapporter de l'argent à l'association organisatrice (ou à une cause sans doute louable), et que la priorité du public est de s'atabler, boire, manger, discuter et écouter d'une oreille distraire le même groupe que l'année passée.
Est-ce un hasard si, comme il a été reconnu lors du dernier Conseil Municipal (le 14 septembre), le Messti a connu une baisse de fréquentation cette année? La concurrence de la Fête du Houblon et la crise économique n'expliquent pas tout. Ne faut-il pas y voir l'expression d'une lassitude, un besoin d'autre chose?
Le Summerlied ne peut remplir ce rôle de fête schweighousienne. D'une part, il s'agit d'un festival, d'autre part, il se passe à Ohlungen et n'incarne pas notre commune, même si le siège de l'association est à Schweighouse, même si notre commune y prend part à travers des subventions et interventions de nombreux bénévoles. Et même si le Maire actuel a caressé un temps (et peut-être encore) le rêve de s'approprier ce festival, il reste à Ohlungen!
La Fête des Rues apparaît finalement la mieux appropriée. Schweighouse sans voiture, sans moteur. La gratuité mise en place récemment  est d'ailleurs une bonne chose. Mais certains aspects de cette fête continuent à poser problème, comme par exemple certaines animations proposées, la sonorisation outrancière. Ou encore la décision de Marcel Schmitt, lors du dernier C.M, d'installer un stand de la commune, à moins que ce ne soit la mairie, ou bien la municipalité. L'annonce n'est pas claire et l'improvisation totale transpire. Pourquoi faire? Aucune explication.

Alors, au fond, peut-on envisager une autre fête à Schweighouse?
Une fête véritablement schweighousienne, dont le but serait la rencontre, l'échange entre les citoyens. Une fête gratuite, sans enjeu financier. Mais aussi conviviale, sans repas à table, simple, populaire, mais pas municipale, prise en mains par les habitants, organisés en quartiers par exemple.
Une occasion unique de s'approprier le territoire et l'histoire de notre commune. En investissant des lieux délaissés par les occasions festives: la forêt, la Moder, la zone industrielle et commerciale, les parcs, les prés, chemins, champs...Le Festival du Conte prévu pour les 4-5 juin 2010 est une piste intéressante.

Pour tout dire, une fête communautaire, au sens de communauté villageoise.
Pour affirmer notre volonté de vivre ensemble, de nous rassembler au-delà des clivages.

L'équipe du blog demande alors aux citoyens présents si cette idée leur paraît irréaliste, inutile, dépassée, intéressante ou carrément géniale.


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C'est d'abord la question du bénévolat qui est soulevée par un citoyen engagé dans une association. L'investissement étant déjà important, il lui semble difficile de créer une nouvelle fête qui viendrait alourdir encore la charge.
Une autre personne fait d'ailleurs remarquer que lors de la Journée de la Mobilité (19 septembre) à laquelle elle a participé activement, il y avait peu de monde, preuve supplémentaire de la difficulté de mobiliser les gens aujourd'hui, de les faire se déplacer. Selon un participant, les trois quarts de habitants ne s'intéressent pas à ce qui se passe dans la commune.


Quelqu'un fait remarquer que des fêtes de quartier spontanées existent déjà à Schweighouse, comme Rue de la Fluess semble-t-il. Peut-être ailleurs encore, avec des fêtes d'immeubles Rue des Chasseurs. La fête des voisins, fin juin, pourrait être une occasion, rue du général de Gaulle par exemple, comme le propose une citoyenne.
Le débat s'engage aussi autour de la gratuité de la Fête des Rues. L'argent récolté permettait selon un citoyen de payer les artistes présents et de participer à une tombola. A Niederbronn, la Nuit de l'Artisanat a bien une entrée payante.

Quant au Messti, il  serait la plus ancienne fête de la commune. Il se tenait autrefois place du Maire Wendling, mais ne pourrait plus s'y tenir pour des raisons  de sécurité et démographiques.
La population de Scwheighouse a tellement augmenté, en peu de temps ("Schweighouse a grandi trop vite" lance un citoyen), que les fêtes ne peuvent s'envisager de la même manière. Parallèlement, le nombre de restaurants a chuté dans le centre.
Schweighouse souffrerait d'un manque d'identité, la commune serait divisée (catholiques/protestants; clans; le haut Schweighouse et le bas; l'ancien Schweighouse  et le nouveau; habitants de longue date et nouveaux arrivants...).

Au bout du compte, il apparaît comme un véritable défi de vouloir rassembler les habitants autour d'un projet festif commun, le genre de défis que l'équipe du blog pourrait bien tenter de relever.

Avant de passer au deuxième point, les citoyens peuvent se restaurer et se désaltérer, alors que la fraîcheur commence à tomber à l'orée de la forêt.



2 Le bilinguisme: Une chance pour Schweighouse?

La présentation de l'équipe du blog propose d'abord une approche plurielle du bilinguisme.
Ce dernier peut en effet être différent selon l'âge (problème des générations), les langues concernées et la maîtrise de la langue (parler, écrire, lire, comprendre).
Ensuite, la question se pose de savoir s'il peut être un atout, que ce soit dans la société de plus en plus mondialisée qui est la nôtre, pour le développement personnel, l'ouverture aux autres, mais encore dans le contexte d'une région frontalière comme l'Alsace, avec un dialecte très fort.
Enfin, la politique du bilinguisme doit être interrogée. Des choix à faire quant à la scolarité (public ou privé?), aux langues que l'on veut promouvoir (l'alsacien, l'allemand, d'autres langues). Le rôle de la municipalité est aussi à prendre en compte.


Une citoyenne membre de l'association ABCM, qui gère l'école privée du même nom à Schweighouse, tient à expliquer, défendre et justifier la démarche de cette structure. Dans cette école, on enseigne en deux langues: le français et l'allemand. Mais  l'alsacien est présent également car placé sur le même plan que l'allemand comme langue régionale. Du coup, les élèves n'ont que quatre heures hebdomadaires d'enseignement en français, ce qui selon cette personne suffit largement. Elle prétend que l'école accepte tous les élèves, quel que soit leur niveau ou leurs origines. Un citoyen présent a suivi sa scolarité dans cette école et est allé jusqu'à l'Abibac, ou bac franco-allemand. Il affirme penser dans les deux langues.

Mais combien comme lui ont-ils poursuivi? Un citoyen s'interroge: Peut-on faire un bilan de 15 années d'enseignement dans le cadre des écoles ABCM? Par exemple, peut-on vraiment parler de revitalisation de la culture régionale? Ces enfants devenus grands vont-ils transmettre l'Alsacien à leurs propres enfants? Rien n'est moins sûr et force est de constater l'absence de retour pour l'instant.


Une citoyenne s'inquiète de la méconnaissance des parents quant à l'existence d'une section bilingue dans l'école publique. La municipalité ne favoriserait-elle pas justement la filière privée à travers l'ABCM?

Ce qui conduit à l'instrumentalisation qui est faite par la municipalité du bilinguisme, plus précisément de l'Alsacien.
Selon un citoyen membre du blog, prétendre que l'indication du nom "Schweighüse" sur les panneaux d'entrée de l'agglomération participe à une démarche toponymique est un mensonge puisque jamais la commune n'a porté ce nom dans son histoire. Il s'agit simplement d'une transcription, ridicule selon le point de vue d'une autre personne qui se demande pourquoi on grave dans le marbre une forme purement orale.
Par ailleurs, le fait d'autoriser l'expression en Alsacien dans le cadre du Conseil Municipal paraît déplacé, d'autant plus qu'elle n'a jusque là jamais été utilisée...Quant au discours tenu par le Maire le 11 novembre 2008, il est un condensé de francophobie.
Enfin, la culture alsacienne, qui devait se faire paraît-il une place plus grande dans la nouvelle programmation culturelle, se résume à Monsieur Bretzel et Huguette Dreikhaus!

Bien d'autres aspects auraient pu être abordés, mais c'est le froid qui l'emporte et qui incite les participants à passer au troisième et dernier point.


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3 Divers: Selon la volonté des participants.

L'Histoire se répète: Comme lors de la première édition du Conseil Populaire, c'est la dernière acquisition immobilière de la municipalité qui met le feu aux poudres.

La plupart des citoyens présents sont en effet choqués par cette acquisition de l'ancien restaurant "Au Lion", au 47 route d'Ohlungen, pour 75 000 euros versés tout de suite et 3700 euros de rente viagère mensuelle. Pour une personne âgée de 50 ans et un ensemble estimé par les Domaines entre 440 et 490 000 euros!

Un citoyen défend Marcel Schmitt et prétend que le calcul effectué par Mme Rinié (élue de l'opposition) lors du C.M est faux (il parle de "sophisme"), mais aussi que la commune a besoin de logements sociaux (amende SRU 51000 euros), que le parking servira pour les parents qui déposent leurs enfants à l'école le matin et que la commune fera une bonne affaire si le monsieur en question ne fait pas de vieux os...

Un citoyen non Schweighousien impliqué dans la politique depuis 30 ans affirme n'avoir jamais vu ce genre d'acquisition!



C'est sur ce constat que les participants se quittent, en désaccord mais bons amis quand même.




Vous pouvez bien sûr réagir à tous ces propos.
Nous vous tiendrons au courant quant aux dates et modalités du prochain Conseil Populaire.

A bientôt, sur le blog et sur le terrain!



Vincent-002-copie-1Pour l'équipe du blog, Vincent FAVRE.

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