9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 15:47

Citoyens de Schweighouse et d'ailleurs,

 

2008-02-9-Manif-Mairie-009

 

Il semble bien que la liste des participants à l'action citoyenne, populaire, politique, culturelle- en un mot historique-du lundi 9 février  ne connaisse pas de trêve estivale. En effet, nous avons une nouvelle fois été contactés par d'illustres personnalités qui ont insisté pour que nous portions à la connaissance de tous leur présence à cette occasion.


Edith PIAF
La chanteuse populaire par excellence, interprète hors pair de succès intemporels comme La Vie en rose et Non, je ne regrette rien, est passée par Schweighouse en septembre 1948. Entourée des Compagnons de la chanson, elle fut invitée à la Villa par le directeur de la Papeterie de l'époque, en famille avec l'un des membres du groupe. A la fin du repas, ils entonnèrent sur la terrasse leur succès commun, Les Trois cloches. Très vite, leurs voix puissantes résonnant dans le parc et plus loin encore, des habitants de la commune de plus en plus nombreux se massèrent devant la maison du directeur et écoutèrent, émus, avant d'applaudir à tout rompre et de réclamer un autre morceau. On dit que le concert improvisé et gratuit dura deux heures et demie. 

Johann Wolfgang von GOETHE
Avant d'acquérir une culture encyclopédique qui  fera de lui le "dernier génie universel européen", le grand poète romantique allemand, auteur des Souffrances du jeune Werther en 1777, a sillonné l'Alsace à l'âge de 20 et 21 ans. Son idylle avec Frédérique Brion à Sessenheim est bien connue. Aujourd'hui encore, des milliers de personnes viennent en pèlerinage devant le fameux chêne. Mais il était jusqu'ici réservé à quelques initiés, descendants ou spécialistes avertis, de savoir que le "promeneur" avait à plusieurs reprises foulé le sol de Schweighouse, à pied ou à cheval et surtout qu'il y avait enfermé dans un petit coffre, puis enterré au pied d'un autre chêne, une lettre adressée à la fille du pasteur. La localisation exacte de l'arbre divise encore, mais certains pensent sérieusement l'avoir établie.

Charlie CHAPLIN
Après avoir reçu le Prix spécial du Festival de Cannes en 1971, le créateur du personnage muet le plus célèbre, se laissa convaincre par un ami de profiter de l'occasion pour découvrir la France qui l'avait tellement admiré, dans Les lumières de la ville (1931), Les temps modernes (1936) ou Le Dictateur (1940) . Il remonta la vallée du Rhône et, après bien des détours, parvint en Alsace où il avait tant à découvrir. A Schweighouse, il fit une petite pause improvisée et marcha un peu au hasard. Arrivé rue des Juifs, il regarda la plaque et demanda à un passant, dans un français approximatif, où était la synagogue. L'homme, surpris, lui répondit qu'il n'y avait plus de Juifs dans la commune depuis la guerre, et encore moins de lieu de culte israëlite. Alors, il s'assit à même le sol et versa toutes les larmes de son corps jusqu'à la nuit. Avant de se relever, il grava sur le rebord du trottoir une étoile de David. Si vous cherchez bien, vous la verrez encore.

Jan VAN EYCK
Pour réaliser l'arrière plan de La Vierge au chancelier Rolin (1434?), le grand peintre de la Renaissance flamande n'a pas seulement, contrairement à la légende, pris comme modèles les grandes villes des Flandres, mais aussi des localités alsaciennes. Ainsi, plusieurs belles demeures de Schweighüse ont-elles l'honneur de figurer sur cette oeuvre célèbre. Si vous voulez les reconnaître, regardez bien sur le côté gauche du tableau, derrière le chancelier.


Francis BLANCHE
L'acteur, humoriste et auteur prolifique, notamment du Sâr Rabindranath Duval (1957) avec son complice Pierre Dac, a connu un franc succès avec ses canulars téléphoniques. En 1967, au sommet de sa gloire, il piège un militant autonomiste alsacien qui vit à Schweighouse. Se faisant passer pour un membre du cabinet du général de Gaulle, il lui assure que le président a passé un accord secret avec les principaux cadres des mouvements  régionaux, accord qui prévoit la proclamation officielle de l'autonomie de l'Alsace. Les membres les plus avertis et les plus actifs doivent pénétrer dans la grande salle de la préfecture, le soir même à 19h et crier "Vive l'Alsace libre!". Ce que fit le petit groupe des autonomistes schweighousiens. Las, en fait de proclamation, c'est une réception mondaine qui les attendait. "Formidable! Quelle entrée!Vous devez être le groupe folklorique qui anime la soirée! Venez, je vais vous montrer les loges" leur lança le préfet, visiblement ravi.



Une commune qui porte en elle de tels citoyens d'honneur, et qui paient tous leurs impôts (à titre posthume cela va sans dire), ne peut être complètement mauvaise!

A bientôt.


Vincent-002-copie-1Vincent FAVRE.

commentaires

Des citoyens schweighousiens 11/07/2009 21:26

Ramidami1,J'apprécie la suite que vous donnez à la liste des participants. Elle me paraît éclairante et respectueuse de  l'esprit que je souhaite lui insuffler.On constate en effet que la réalité dépasse parfois la fiction.Pour ce qui est de la mort d'Expressions Communes, j'estime que ce dossier est loin d'être clos. Le feu couve toujours sous les cendres. Les partisans du Relais Culturel, toujours vivants et debout, n'ont pas dit leur dernier mot. D'autres actions suivront.Quant  au remake schweighousien du Dictateur, j'espère qu'il connaîtra la même fin que l'original: un sosie de l'autocrate se saisit du micro et inverse le cours de l'Histoire.L'avenir est aux naïfs...Merci pour votre commentaire et à bientôt.Vincent FAVRE.

Ramidami1 11/07/2009 13:06

Edith Piaf en plus de son immense talent et sa voix inoubliable aurait-elle été visionnaire? Si non comment aurait-elle pu savoir, en débutant son tour de chant de la villa par "Les trois cloches" , que se sont bien 3 cloches qui auraient la peau de la culture domiciliée en ce même lieu à peine 60 ans plus tard... Pauvre Edith, si elle revenait actuellement à Schweighouse elle ne chanterait très certainement plus "La vie en rose"  mais se ferait accompagner par les anciens d'expression commune pour sonctuariser "Non je ne regrette rien".
Dernière minutes, à Cannes lors d'une réception mondaine un metteur en scène très célèbre cherchait un financement pour réaliser une version actualisée du "Dictateur". Il semblerait que le décor du film se passerait dans une commune du nord de l'Alsace... et que le rôle titre serait tenu par un ancien syndicaliste blondinet-grisonnant, le second rôle serait dévolu à son "homme de paille" maire autonomiste de cette même commune! On ne refait pas le monde...Je pense que nous aurons bientôt de nouveaux citoyens d'honneur à rajouter à votre élogieuse liste!

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